Nous vivons une période d’ébullition intellectuelle. Un enthousiasme pour la théorie paraît renaître après ce que beaucoup ont vécu comme une période de désert. Mais répondre à cette attente et accompagner ce renouvellement implique d’interroger et de transformer la manière dont l’édition pense actuellement la publication des livres de sciences humaines et de philosophie. Celle-ci tend en effet de plus en plus à être organisée selon un dispositif qui empêche la production d’ouvrages véritablement créatifs et critiques : on sépare d’un côté les gros livres de recherche destinés à des chercheurs et qui n’atteignent donc par définition qu’un public restreint, et de l’autre, soigneusement distingués des premiers, des petits livres d’intervention politique dont la durée de vie risque, par définition, d’être fort réduite.La collection « à venir » a pour ambition de placer Fayard au centre de ce qui se passe aujourd’hui dans la philosophie et les sciences sociales en faisant exister un lieu autre, qui échappe à ces distinctions ruineuses. Retrouvant un type d’inspiration qui portait la pensée dans les années 1960 et 1970, elle se donne pour tâche de publier des auteurs dont la démarche récuse de telles séparations. Les ouvrages obéiront ainsi au souci de placer la réflexion en résonance étroite avec le présent, la politique et les luttes, de renouveler la théorie en la mettant au contact de l’actualité, des nouveaux mouvements qui agitent le champ social et politique : mouvements culturels, artistiques, sociaux, postcoloniaux ; interrogations sur les identités de genre, de race, de classe, de sexualité, etc. ; réflexions sur la philosophie, les sciences sociales, la psychanalyse, etc. Ces livres ne s’adresseront donc pas seulement à des « lecteurs spécialisés ». Ils s’adresseront toujours aussi à des publics hétérogènes. Ils auront le souci de créer des publics nouveaux.
La collection « à venir » veut ainsi être le lieu d’une avant-garde indistinctement théorique et politique : on publiera des auteurs de tous les horizons, afin de décloisonner la réflexion en l’ouvrant à d’autres traditions. Cette collection publiera entre 4 et 6 livres par an.