
Parution, le 20 mai 2009, du livre de Joan W. Scott, Théorie critique de l'histoire. Identités, Expériences, Politiques.
En voici la présentation :
Comment les individus sont-ils fabriqués comme différents les uns des autres ? Quelles sont les opérations à l’œuvre dans la construction des identités de « classe », de « genre », de « race » ou « sexuelles » ?
Dans les trois essais qui composent ce livre, considérés comme des références majeures de la réflexion contemporaine, Joan Scott s’interroge sur la production des catégories et des identités, et sur leur articulation. Elle discute la manière dont les grands historiens marxistes définissaient la notion de « classe » en faisant l’impasse sur le genre ou la race. Elle insiste également sur le fait que l’analyse des identités doit se concentrer sur les discontinuités, sur la transformation des catégories.
C’est tout l’édifice classique de l’Histoire qui se trouve ainsi ébranlé. Joan Scott propose de renouveler la pratique historique en la mettant au contact des instruments les plus radicaux issus de la psychanalyse, des études postcoloniales, des travaux sur le genre et la sexualité ou encore des œuvres de Foucault ou Derrida. Contre la tendance actuelle à promouvoir un type de travail centré sur les « faits » et se réclamant des valeurs d’impartialité et de neutralité, elle appelle à une Histoire résolument théorique et politique – c’est-à-dire critique.
Joan W. Scott est historienne, membre depuis 1985 de l’Institute for Advanced Study de Princeton (School of Social Science). Elle est l’auteur d’ouvrages et d’articles qui ont profondément transformé l’approche historique en mettant l’accent notamment sur la question du genre (ses travaux en la matière furent pionniers), mais aussi sur l’historicité des identités, le rapport entre le langage et le réel, les relations entre science et politique, la tradition de la pensée critique (Gender and the Politics of History, Columbia University Press, 1988, ou La Citoyenne paradoxale. Les féministes françaises et les droits de l’homme, Albin Michel, 1998). Ses derniers ouvrages insistent sur la tension entre l’universalisme républicain et l’affirmation des différences (Parité ! L’Universel et la différence des sexes, Albin Michel, 2005) ou sur le sécularisme et la démocratie contemporaine (The Politics of the Veil, Princeton University Press, 2007).
Table des matières
L’Histoire comme critique
La résistance de l’Histoire à la théorie
La critique
La généalogie de Michel Foucault
La passion pour la critique
L‘éthique de la critique
L’évidence de l’expérience
Devenir visible
L’autorité de l’expérience
Historiciser « l’expérience »
Conclusion
Écho-fantasme. L’Histoire et la construction de l’identité
Identité et histoire
Fantasmes
Echo
Les deux fantasmes de l’histoire féministe